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Le blog de Merlin...

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Pouvoirs et puissance insoupçonné, de notre 2e cerveau...

Publié par MERLIN sur 15 Juillet 2015, 09:48am

Catégories : #Société

Pouvoirs et puissance insoupçonné, de notre 2e cerveau...

Tout part des boyaux...

 

La recherche sur le contenu de nos entrailles donne lieu à de multiples découvertes spectaculaires. La flore intestinale, pardon, appelez-la désormais "microbiote", le nouveau terme en vogue, passionne les scientifiques. Régulièrement, la prestigieuse revue "Nature" fait sa une sur ce sujet.

 

Ce continent encore inexploré il y a quelques années révèle peu à peu son incroyable luxuriance. A lui seul, le microbiote intestinal pèse 1,5 kilo, recèle 100.000 milliards de bactéries et dix fois plus de cellules que le reste du corps.

 

Dix millions de gènes bactériens y ont été recensés, dont certains sont liés à des maladies. Aucun doute : le microbiote a un impact direct sur le bon fonctionnement de notre organisme. Hippocrate lui-même ne disait-il pas que "toute maladie débute dans l’intestin" ?

 

Voyons à présent un aspect peu connu et très prometteur pour soigner toute sorte de maladies, et infections... Le pouvoir du caca !

Pouvoirs et puissance insoupçonné, de notre 2e cerveau...

 

Atteinte de mucoviscidose, une jeune femme souffrait depuis décembre 2012 de diarrhées récurrentes liées à une infection par une redoutable bactérie, Clostridium difficile. En mai 2014, après l’échec de plusieurs traitements antibiotiques, elle a reçu une transplantation de microbiote fécal à l’hôpital Cochin (Paris).

 

Singulier traitement : il consiste à introduire dans l’intestin du malade les selles d’un donneur sain. En l’occurrence, le père de cette jeune femme. Cette greffe a éradiqué l’infection.

 

« La première fois que nous avons entendu parler de greffe de matière fécale, c’était en mars 2013, lors d’une réunion de service à l’hôpital Cochin. Nous avons cru à un canular », avoue le docteur Rui Batista, membre de l’Académie de pharmacie. Mais ce traitement fait désormais l’objet de recommandations internationales : plus de huit fois sur dix, il vient à bout de cette infection  Clostridium difficile.

 

Comment agit cette transplantation ?

Elle reconstitue une « flore digestive » équilibrée. Sous ce nom fleuri se cachent un menu peuple bactérien, mais aussi des virus et des champignons pullulant dans le secret de nos entrailles. Soit quelque 100 000 milliards de bestioles, dix fois plus nombreuses que nos propres cellules !

 

Depuis la nuit des temps, nous abritons cette armée de l’ombre. Véritable organe, pesant quelque 1,5 kilogramme chez l’adulte.

 

Cancers, diabète, infections... Les miracles de la transplantation fécale.

 

Encore peu mise en oeuvre et redoutée des malades, cette pratique est pourtant source d’espoir pour de nombreuses pathologies comme le diabète ou l'obésité.

 

"Hors de question. C’est dégoûtant !" Quand le docteur Harry Sokol, gastro-entérologue à l’hôpital Saint-Antoine (Paris), a parlé de transplantation fécale à Raphaëlle, 33 ans, employée dans l’édition, la jeune femme a poussé les hauts cris. Une réaction fréquente à l’annonce de cette intervention encore peu pratiquée, et peu ragoûtante : il s’agit d’introduire les selles d’un donneur sain dans l’intestin d’un malade afin de reconstituer sa flore bactérienne.

 

C’est pourtant l’une des thérapies les plus prometteuses, à l’heure où l’industrie pharmaceutique peine à sortir de nouvelles molécules efficaces. A l’avenir, elle pourrait bien soigner des troubles aussi lourds que le diabète, l’obésité ou même la maladie de Parkinson ou la maladie de Crohn.

 

Des dizaines de patients sauvés…

 

Alors Raphaëlle n’a pas chipoté longtemps. Depuis l’enfance, elle souffre de rectocolite hémorragique, une maladie auto-immune qui donne des diarrhées sanglantes. Son calvaire ne s’arrête pas là : au cours d’un long séjour à l’hôpital, elle a contracté une infection à "Clostridium difficile", une bactérie qui, lorsqu’elle se développe à outrance dans l’intestin, provoque elle aussi de violentes diarrhées.

 

Chaque année, des milliers de personnes y succombent en France. Dans le cas de Raphaëlle, quatre cures d’antibiotiques n’y ont rien fait.

 

‘’Je ne pesais plus que 35 kilos. J’avais un petit garçon à élever, je devais passer au-dessus de mon appréhension.’’

 

Son mari lui a fait don de la précieuse matière, à peine modifiée par l’ajout d’une solution saline.

‘’Une infirmière a ensuite enfoncé dans mon rectum un tuyau très fin sur 20 cm, une procédure parfaitement indolore. C’était presque magique. La flore de mon mari s’est mélangée à la mienne, j’ai senti des gargouillis, j’avais l’impression d’être ensemencée.’’

 

Dès le lendemain, la jeune femme était sur pieds, avec un transit tout à fait normal. Comme elle, des centaines de patients entre la vie et la mort à cause de la redoutable bactérie ont bénéficié de ce sauvetage de la dernière chance. L’an dernier, la transplantation fécale a ainsi sauvé des dizaines de patients âgés à l’hôpital de la Timone à Marseille, où une virulente épidémie de "Clostridium difficile" sévissait.

 

Pour l’heure, son efficacité n’a été formellement prouvée que dans les cas d’infections intestinales graves. L’an dernier, une étude parue dans le très sérieux "New England Journal of Medicine" livrait des conclusions retentissantes : face à "Clostridium difficile", les matières fécales sont plus efficaces que les antibiotiques !

 

Reste à mener à bien des recherches similaires pour d’autres pathologies. Mais "les perspectives sont vastes : traitement du cancer du côlon ou du foie, du diabète, de l’obésité, des inflammations articulaires, de l’autisme.. On est encore à la préhistoire de la transplantation fécale", confirme le professeur Laurent Beaugerie, gastro-entérologue à l’hôpital Saint-Antoine.

 

Le professeur Dusko Ehrlich, de l'Institut national de la recherche agronomique, coordonnateur du programme dans le cadre duquel une analyse du microbiote intestinal de l'homme a été réalisée, explique :

‘’Le microbiote a longtemps été un organe négligé. Or, sa diversité est cruciale pour rester en bonne santé. On sait maintenant que chez une personne sur quatre, il a perdu de sa richesse, soit 40% de gènes en moins.’’

 

Selon lui, "cette perte s’explique par différents facteurs : prise répétée d’antibiotiques, alimentation déséquilibrée, naissance par césarienne [par voie basse, le bébé ingère les bactéries présentes dans le vagin de la mère, NDLR]"... Il poursuit :

‘’Les personnes dotées d’un microbiote pauvre en espèces bactériennes ont un risque accru de développer des pathologies graves : diabète de type II, maladies cardiovasculaires, certains cancers… ‘’

 

Nos boyaux régiraient même la boulimie ou l’anorexie. Selon les travaux du professeur Pierre Déchelotte (Inserm-Université de Rouen), ces troubles du comportement alimentaire seraient en partie dus à une protéine fabriquée par des bactéries du tube digestif.

 

Une technique ancienne mais peu encadrée…

 

La technique de la transplantation fécale ne date pas d’hier. Dès le 16e siècle, le médecin et herboriste chinois Li Shizhen faisait avaler à ses patients ce qu’il appelait…"la soupe jaune". Pour autant, les autorités sanitaires n’avaient encore jusqu’ici jamais encadré cette pratique en France, où chaque hôpital faisait un peu "à sa sauce".

 

L’Agence nationale de sécurité du médicament ne s’est penchée sur la question que cette année, lorsque les professeurs Beaugerie et Sokol ont lancé à Saint-Antoine un essai clinique inédit pour évaluer l’efficacité de la transplantation fécale sur la maladie de Crohn. Choix du donneur, liste des virus ou parasites à rechercher pour éviter toute contamination : pour la première fois, des règles strictes ont été établies.

 

Il a aussi fallu trancher sur le délicat statut des matières fécales, un débat qui a déjà agité d’autres pays (Royaume-Uni, Allemagne, Pays-Bas…). Est-ce un produit biologique comme le sang ? Un médicament ? L’Agence du médicament a opté pour le second choix, tout comme la Food and Drug Administration aux Etats-Unis. Déjà, certains chercheurs réfléchissent à un après-transplantation plus propre, moins artisanal.

 

Pourquoi pas une flore artificielle en gélule ? En attendant, une équipe du Massachusetts General Hospital de Boston vient de mettre au point des pilules… de matière fécale congelée.

 

# "Le pouvoir du caca"

 

Aux Etats-Unis, en Australie et en Grande-Bretagne, la transplantation fécale suscite un engouement inédit chez les personnes souffrant de troubles intestinaux. Une communauté de patients a même lancé "The power of poop", comprenez "le pouvoir du caca ", un site qui vise à promouvoir "une transplantation de microbiote fécal sûre, accessible, pour tous ceux qui en ont besoin ".

 

On y trouve des récits de guérisons, un annuaire des lieux où la"FMT " ("Fecal microbiota transplant") est pratiquée et…. un guide illustré pour réaliser soi-même à la maison sa transplantation à l’aide d’un mixeur, de gants en plastique et d’une poche à lavement ! De quoi faire bondir le corps médical.

 

Source : Le monde / tempsreel.nouvelobs

Pouvoirs et puissance insoupçonné, de notre 2e cerveau...

La flore intestinale, un monde bactérien en cours d'exploration

Selon les dernières études, la flore intestinale contiendrait jusqu'à un millier d'espèces de bactéries différentes, dont seulement un tiers ont été identifiées à ce jour. Chaque personne héberge un mélange unique de ces espèces, pour un nombre total de bactéries estimé à 100 000 milliards ! L'information génétique contenue dans ces milliards de bactéries ("métagénome du microbiote") représenterait 100 à 150 fois celle contenue dans l'ADN qui constitue nos chromosomes.

 

Selon la nature des bactéries présentes en plus grand nombre, les chercheurs distinguent trois groupes de flore intestinale (flores de type Bactéroïdes, Prevotella ou Clostridiales).

 

Lorsque, sous l'action d'une maladie ou d'un médicament, un antibiotique en particulier, la flore intestinale est déséquilibrée, on parle de "dysbiose". Cette perte de la diversité des bactéries présentes dans l'intestin semble prédisposer à certaines maladies et fait actuellement l'objet de multiples recherches, en particulier en France.

 

Le profil idéal du donneur selon l'ANSM

Dans ses recommandations, l'ANSM précise le profil "idéal" du donneur de flore et les examens à réaliser avant d'envisager une transplantation de son microbiote.

 

Idéalement, le donneur est âgé de 18 à 65 ans, ne souffre ni d'obésité, ni de maladie chronique, et ne reçoit pas un traitement au long cours. De plus, dans les trois mois précédant la transplantation, il n'a pas reçu d'antibiotiques, n'a pas voyagé sous les tropiques et n'a pas été hospitalisé à l'étranger. Enfin, il n'a jamais souffert de fièvre typhoïde.

 

Avant un don de selles, de nombreux micro-organismes doivent être recherchés dans le sang et les selles du donneur : par exemple, syphilis, VIH, CMV, virus des hépatites, toxoplasme, trichinelles, Listeria, strongles (vers intestinaux), amibes, Giardia, etc. De plus, dans un souci de traçabilité, des échantillons des selles greffées doivent être congelés et conservés au moins deux ans.

 

Enfin l'ANSM précise que les selles du donneur doivent être considérées comme un médicament et préparées, en vue de la transplantation, par la pharmacie d'un établissement de santé.

 

Espérons que ces recommandations stimuleront la recherche sur l'efficacité et la sécurité des transplantations de flore intestinale en France, et permettront une extension contrôlée de cette pratique dont les dernières études semblent confirmer l'intérêt.

 

Le microbiote intestinal, comment se constitue-t-il ?

A la naissance, le tube digestif est pourtant stérile. Mais il est immédiatement colonisé par un grand nombre de micro-organismes. Après 24 heures seulement, "l'intestin de chaque individu contient déjà près de 100 000 milliards de bactéries", précise l'Inra (Institut national de la recherche agronomique).

 

Un chiffre qui se retrouve tout au long de la vie : chaque adulte a 100 000 milliards de bactéries dans ses intestins, ce qui représente une masse d'environ 500 grammes (et constitue la moitié de nos selles). A titre de comparaison, il y a également environ 100 000 milliards de cellules dans le corps.

 

Il y aurait entre 1 000 et 1 150 espèces bactériennes différentes dans le microbiote, chaque individu en hébergerait environ 160. Chaque personne possède des bactéries relativement proches en termes d'espèces, mais la composition exacte de son microbiote (espèces, proportions) est unique.

 

Le microbiote est résilient…

La composition du microbiote d'un individu est remarquablement stable dans le temps. En cas de perturbation, par exemple par un traitement antibiotique, le microbiote revient progressivement à un état proche de son état antérieur (résilience). Comme si la composition du microbiote était adaptée précisément aux caractéristiques spécifiques (génétiques ?) de notre organisme.

 

Si l'on souhaite modifier le microbiote pour raisons thérapeutiques, il faut donc le faire de manière répétée, par exemple en administrant régulièrement des bactéries sélectionnées pour leurs propriétés ou en effectuant à plusieurs reprises une greffe fécale.

 

Source : vidal.fr

Pouvoirs et puissance insoupçonné, de notre 2e cerveau...

Voici un livre à présent qui fait fureur en ce moment : "Le charme discret de l'intestin…"

 

Giulia Enders, jeune doctorante et nouvelle star allemande de la médecine, rend ici compte des dernières découvertes sur un organe sous-estimé. Elle explique le rôle que jouent notre "deuxième cerveau" et son microbiote (l'ensemble des organismes l'habitant) dans des problèmes tels que le surpoids, la dépression, la maladie de Parkinson, les allergies...

 

Illustré avec beaucoup d'humour par la sœur de l'auteur, cet essai fait l'éloge d'un organe relégué dans le coin tabou de notre conscience. Avec enthousiasme, Giulia Enders invite à changer de comportement alimentaire, à éviter certains médicaments et à appliquer quelques règles très concrètes pour faire du bien à son ventre. Véritable phénomène de librairie, Le Charme discret de l'intestin s'est vendu à 950 000 exemplaires en Allemagne et sera publié dans 26 pays.

 

Disponible ici : FNAC

Pouvoirs et puissance insoupçonné, de notre 2e cerveau...

Comme toujours c'est à vous de juger...

 

 

   
 
 
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crami25 26/08/2015 21:28

Si ça marche, pourquoi pas !