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Le blog de Merlin...

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OVNI et toute l'actualité extraterrestre, terrestre, et intraterrestre, toutes les infos cachées et secrètes...


Les échecs le jeu de la vie...

Publié par MERLIN sur 20 Décembre 2007, 11:15am

Catégories : #Divers

J'ai trouvé cet article il y a quelques années, je le trouve tres bien, et je veux en faire profiter ceux qui aiment et jouent aux échecs...

Ce n'est pas moi qui l'ai écrit.

 

Voici donc ce récit :

 

A cette époque, les échecs étaient essentiellement pour moi, comme pour beaucoup de joueurs, un jeu intelligent et, par conséquent, un moyen d'affirmer et de développer ses facultés intellectuelles.

C’est avec cet état d'esprit et cette façon de jouer que j'entamais, il y a une quinzaine d'années, une partie contre un ami très versé dans l'ésotérisme et la symbolique. Après une ouverture classique, je lui pris un cavalier dont la présence me dérangeait, le forçant à me prendre mon fou en échange.

Quelques autres échanges du même style plus loin, mon ami leva les yeux de l'échiquier et me demanda calmement quel était mon but aux échecs. Un peu surpris, presque gêné, je répondis que c'était à la fois d'aiguiser mes facultés de réflexion et d'analyse, de passer un moment agréable et, bien entendu, de gagner, autant que possible !

- Bien entendu, dit-il, mais reconnais qu'il n'y a guère de beauté dans une victoire obtenue sans noblesse.



                        echecs-sang-V3.jpg


- Noblesse aux échecs ?  Voilà une idée intéressante. Qu'entends-tu par là ?

- Eh bien, tout d'abord, il n¹est pas correct d'échanger des pièces maîtresses et de décimer ses forces et celles de l'adversaire sans que ce soit nécessaire et qu'il en résulte un avantage vraiment conséquent. C'est gaspiller du potentiel sans raison et manquer d'égard envers ses pièces et celles de l'autre, expliqua-t-il.

Je suivais avec intérêt et curiosité.

- Il me paraît plus intéressant et plus conforme à la nature des échecs, poursuivit-il, de jouer non seulement en vue de la victoire mais, en plus, en tenant compte de toute la symbolique et de l'esthétique stratégique du jeu.

- C¹est là une conception du jeu qui diffère sensiblement de celle du milieu des échecs. D'où la tiens-tu ?, demandai-je.

- Tout simplement du jeu lui-même, de l'observation de la façon remarquable dont il est conçu. 


Pour joindre le discours à la pratique, la décision fut prise d'interrompre là la partie entamée et d'en recommencer une d'après les préceptes que mon ami développait.

- La manière de jouer, reprit ce dernier en remettant les pièces sur les 64 cases, est tout d'abord déterminée par la façon dont on considère l'échiquier, les pièces, et les déplacements spécifiques de chacune d'elles. Chaque joueur se trouve dans la position du roi à la tête de son armée. A ce titre, il lui importe non seulement de gagner la bataille, mais autant que possible en conservant le plus grand nombre d'hommes, c'est-à-dire de pièces : les siennes, bien entendu, mais aussi dans une certaine mesure celles de l'adversaire ; pas de victimes inutiles. Cette manière de concevoir le jeu se caractérise donc d'entrée par un respect des pièces des deux couleurs. 


Je retrouvais tout naturellement dans ses propos les qualités d'humaniste que j'appréciais par ailleurs chez cet ami, tout comme son érudition.


                           echecshistorique.jpg



- On peut ensuite aller plus loin, développa-t-il, et considérer les 16 pièces comme la représentation des diverses composantes de notre être. Par exemple, le roi représente l'esprit, si tu veux, et la reine l'âme. Ce sont les principes qui dominent notre existence, notre nature spirituelle. Tous deux peuvent bouger dans toutes les directions. Le roi est cependant limité à une seule case à la fois. En effet, l'esprit est le principe vital qui dirige, ordonne l'activité de toutes les pièces, de tous les aspects de l'individu. C'est un principe éternel, il ne peut pas mourir : quand il est " mat ", la partie s'achève. L'esprit se désincarne, en quelque sorte, mais ne meurt pas. Il domine le temps, mais pas l'espace. D'où la dimension limitée de ses déplacements. L'âme, par contre, est un principe lié à l'espace, à l'infini, qui fait le pont entre l'esprit et la matière. A ce titre elle est très active, très mobile. Mais la reine, l'âme, peut être " mangée " et mourir. Elle n'est pas éternelle.

 

A mesure que j'écoutais mon ami, l'échiquier commençait à m'apparaître sous un jour nouveau, plus vivant, et plus conforme à des valeurs qui m'ont toujours été chères. Je m'étonnais de ne jamais avoir pensé à appliquer ce que je connaissais de la symbolique à ce jeu qui m'avait toujours passionné. Il faut toujours un effort pour porter un regard neuf sur des choses familières.

- Mon ami enchaîna :

- Toujours selon cette conception symbolique, les trois pièces suivantes: le fou, le cavalier et la tour ­ représentent l'intellect, le cœur et le corps physique, c'est-à-dire notre être incarné. C'est pour cela qu'il y en a deux de chaque, le monde matériel étant celui de la polarité : bien/mal, existence/mort, etc., alors que le spirituel est un monde d'unité. Nos pensées, nos sentiments et nos actes peuvent être influencés consciemment ou inconsciemment, par la lumière ou par l'ombre.


Le fou, poursuivit-il, se déplace en diagonale, il biaise, sur une seule couleur. C'est pour cela qu'il est plus efficace quand il est associé au fou complémentaire. A la cour, le fou du roi était celui dont les propos étaient un mélange de vérités biaisées, énoncées sur le ton de l'ironie, de l'humour ou de l'apparente folie. L'intellect a aussi cette tendance à biaiser, à ruser, il ne reste pas de lui-même sur le droit chemin. Et il est plus efficace quand nous utilisons conjointement les facultés respectivement analytique et synthétique des deux hémisphères cérébraux.


Ensuite, le cavalier (ou le cheval) représente le côté affectif : c'est le cœur, les sentiments. Son déplacement a d'ailleurs quelque chose d'irrationnel. " Le cœur a ses raisons " C'est la seule de ces trois pièces à se mouvoir dans huit directions dont elle est le centre . Cette menace circulaire, par rapport à celle linéaire du fou, correspond bien au sentiment qui est un monde d'émanation alors que la pensée est une forme de radiation. La pensée, comme la lumière, s'arrête à la surface des choses, leur apparence, comme le fou peut être arrêté par une pièce sur sa diagonale. Mais le sentiment pénètre les choses, va en profondeur, comme le cheval qui peut sauter par dessus les autres pièces et s'introduire au milieu des positions adverses. On ne peut pas limiter son rayon d'action.


                     echecs-pieces.jpg


Cette discussion me remémorait le discours extraordinaire de Krishna à Arjuna, dans le Mahâbhârata ­ qui constitue la Baghavad Gîta ­ juste avant la grande bataille finale qui oppose les parties rivales d'une même grande famille. Comme Arjuna, je voyais se transformer ma compréhension du combat. Je repensais aussi à cette parole du Roi Arthur : " Le pays et le roi sont un ", c'est-à-dire le corps et l'esprit sont un, ce qui signifie aux échecs qu'on ne peut dissocier le roi des autres pièces et sacrifier inconsidérément ces dernières.

- Et logiquement, enchaînais-je, la tour représente le corps physique.

 

- Effectivement. La tour, édifice en pierre, est la pièce la plus éloignée du roi, l'esprit, et elle représente bien le corps : c'est d'ailleurs la pièce la plus longue à mettre en action, mais aussi la plus puissante des trois dans la matière, puisque c'est son monde. Elle quadrille (le 4 est le chiffre de la matière) l'échiquier de façon redoutable ! 

- Si le roi est l'esprit et la tour le corps, le roque prend à son tour une dimension symbolique très intéressante.


- Exactement ! Qu'est-ce que le roque ? Le roi avance exceptionnellement de deux case dans la direction d'une tour, et celle-ci vient se placer contre lui, de l'autre côté. Symboliquement l'esprit s'enfonce dans la matière pour permettre au corps d'évoluer plus rapidement. Ce mouvement surprenant est une illustration remarquable du principe d'involution et d'évolution. C'est parce que le roi, l'esprit, accepte d'involuer, de se limiter, que le corps physique, la tour, peut évoluer, s'élever vers l'esprit et transcender ses propres limites.


- A ce propos, sais-tu qu'en tournoi les joueurs ont l'obligation de commencer le roque en bougeant le roi d'abord, sous peine d'être contraint de ne bouger que la tour, s'ils ont touché cette pièce en premier ? Cela illustre bien ce que tu dis, à savoir que l'involution précède l'évolution. Reste le pion, et ses 7 cases à franchir pour aller à dame.


- Le pion est lui aussi une expression de nous-mêmes, de la volonté qui nous pousse à aller de l'avant, à évoluer. C'est le soldat ordinaire, qui a peu de moyens. Il ne peut qu'aller tout droit, sans possibilité de recul : sa marche est inéluctable. C'est seulement pour " manger " un adversaire qu'il emprunte occasionnellement une case en diagonale. Mais, malgré ses faibles possibilités, il porte en lui les germes de ce qu'il y a de plus haut. En effet, s'il persévère dans son avance jusqu'à la dernière rangée, il est promu au rang de reine . Comme tu l'as dit, il y a 7 cases à franchir pour atteindre cette promotion, que l'on peut mettre en parallèle avec les sept degrés dont on dit que se compose l'initiation qui conduit à la maîtrise intérieure. Un initié est son propre roi. Le fait que le pion ne devienne au mieux qu'une reine, et non un roi, indique qu'il reste assujetti à un principe supérieur, un principe divin unique, si tu veux. 



                         Echecscouleur.jpg

Au fil de cet exposé, je prenais conscience que cette façon de considérer le jeu débouchait immanquablement sur une toute autre manière de jouer que celle que j'avais apprise.

Étant donné la symbolique et la valeur de chaque pièce,

il ne saurait être question de parties " kamikaze " ou d'échanges abusifs.

Quel intérêt y a-t-il à gagner, si c'est pour régner seul, mutilé de ses propres forces ?


- Tu comprends mieux, maintenant, l'importance que j'accorde à la noblesse et à l'esthétique du jeu. Il est dommage de casser la subtile construction du jeu par des échanges peu justifiables et de briser gratuitement la tension qui s'accumule sur certaines positions ! Rappelle-toi cette citation du Cid : " à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. " On pourrait ajouter qu'une victoire sans noblesse est pire qu'une défaite. Dans le passé, celui qui gagnait sans noblesse était l'objet de honte et de mépris.


Dès la partie en cours, j'ai commencé à jouer aux échecs en regardant l'échiquier et les pièces sous cet angle symbolique. Non sans quelque peine, au début, je dois le dire ! On ne se débarrasse pas en une fois d'habitudes bien ancrées surtout quand elles semblent efficaces ! Désormais chaque " ancien coup ", c'est-à-dire chaque coup concédé à l'efficacité sans âme, éveillait immédiatement un sentiment d'avilissement, de gêne : je n'en étais pas fier. Mais surtout, cette nouvelle manière de jouer a contribué à rendre mes parties beaucoup plus complexes et passionnantes. Moins passionnelles, aussi, car la beauté du jeu compte désormais autant que son issue. Il nous arrive d'ailleurs de discuter longuement en cours de jeu de points théoriques ou symboliques, de stratégies possibles et de leurs conséquences, sans que cela nuise à la construction du jeu de chacun. Mon adversaire et moi apprenons à mieux nous connaître et à davantage nous respecter. A la tension de la partie s'ajoute la joie et une certaine fierté de la maintenir dans le cadre d'un code chevaleresque. Même perdue, une partie ainsi jouée laisse un excellent souvenir et de l'estime pour le gagnant.



Autre bénéfice secondaire : cette manière d'approcher les échecs déteint ensuite sur les autres activités de celui qui s'y applique, du sport aux relations humaines, de la famille à ses activités professionnelles. On redécouvre un code de déontologie, des notions d'estime, de dignité, de respect et de fierté que notre époque semble avoir jeté aux oubliettes. Gageons que si les PDG de multinationales jouaient aux échecs de cette façon, ils en viendraient sans doute à considérer autrement les " armées de salariés " qu'ils sacrifient actuellement sans état d'âme à leur volonté de pouvoir et à leur soif de victoires économiques... "
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Crami25 06/03/2010 15:24


Oui on sait bien que le texte n'est pas la création de merlin, puisqu'il le précise d'entrée...

Je reconnais, que joueur moi-même depuis toujours, cette vision est très approfondie et redonne une approche spirituelle de haut rang dans la conduite humaine.

Une belle leçon d'humanité, que je n'ai pas toujours adoptée dans mes parties d'échecs...


Patrice 25/12/2007 10:01

ces commentaires appartiennent au site htt://webmaster555.free.fr pour info

xefolius 22/12/2007 19:32

http://webmaster555.free.fr/divers/echec.htmC'est mieux quand on indique les sources!